Tous les « À retenir pour l'épreuve » du cours, dans l'ordre du plan — l'essentiel à garder sous la main avant les écrits.
Les prélèvements obligatoires
I — L'approche globale des finances publiques · A. Théories et concepts
En une phrase
Les prélèvements obligatoires (PO) sont les versements effectués au profit des administrations publiques, de façon obligatoire et sans contrepartie directe : impôts et cotisations sociales.
Ce sont les sommes que l’État, les collectivités et la Sécurité sociale prennent de force sur ce que gagnent ou dépensent les personnes et les entreprises, sans que ce soit payé en échange d’un service précis.
Pourquoi cette règle existe
Pour mesurer le poids de la puissance publique dans l’économie. Le taux de prélèvements obligatoires permet de comparer les pays entre eux et de suivre dans le temps la place de l’État. Il sert aussi de base à tout débat sur le consentement à l’impôt : on ne peut parler de la pression fiscale sans savoir précisément ce qui entre dans le calcul.
Pour savoir combien l’État pèse dans l’économie. Ce chiffre permet de comparer les pays et de voir si la pression augmente. Avant de discuter des impôts, il faut savoir ce qu’on compte dedans.
Comment ça marche
Trois éléments définissent un prélèvement obligatoire : il est versé à une administration publique, il est obligatoire, il n’a pas de contrepartie directe.
Les impôts (impôt sur le revenu, TVA, impôt sur les sociétés) et les cotisations sociales en font partie.
La CSG et la CRDS, bien qu’elles ressemblent à des cotisations, sont des contributions : elles n’ouvrent pas de droits personnels aux prestations.
En France, le taux de prélèvements obligatoires dépasse 40 % du PIB, avec un ordre de grandeur autour de 43 à 45 % ces dernières années. Chiffre à vérifier dans les comptes nationaux de l’INSEE pour l’année en cours.
Trois choses les définissent : c’est versé à l’État ou à un organisme public, c’est obligatoire, et il n’y a pas de service payé en retour.
Les impôts (impôt sur le revenu, TVA, impôt sur les sociétés) et les cotisations sociales en font partie.
La CSG et la CRDS ressemblent à des cotisations, mais elles ne donnent pas de droits personnels aux prestations.
En France, ces prélèvements représentent plus de 40 % de la richesse produite. Autour de 43 à 45 % ces dernières années. Le chiffre exact pour une année se trouve dans les comptes nationaux de l’INSEE.
Exemple concret
Un automobiliste paie une redevance d’autoroute : le péage donne accès à un service précis, c’est une contrepartie, donc ce n’est pas un prélèvement obligatoire. Il paie aussi la TVA sur le plein d’essence : c’est un prélèvement obligatoire, sans contrepartie directe, au profit de l’État.
Un automobiliste paie un péage d’autoroute : il a un service en échange, donc ce n’est pas un prélèvement obligatoire. Il paie aussi la TVA sur son plein d’essence : là, il ne reçoit rien de précis en retour, donc c’en est un.
Vocabulaire
Prélèvements obligatoires (PO) : Impôts et cotisations sociales versés aux administrations publiques, sans contrepartie directe.
Impôt : Prélèvement obligatoire sans contrepartie individuelle, destiné à financer l’ensemble des dépenses publiques.
Cotisation sociale : Prélèvement affecté à la protection sociale, qui ouvre en principe des droits à prestations.
Redevance : Somme payée en contrepartie d’un service rendu précis, donc hors prélèvements obligatoires.
Prélèvements obligatoires (PO) : Les impôts et cotisations que les administrations publiques prennent, sans rien donner précisément en retour.
Impôt : Somme versée à l’État ou aux collectivités, sans service précis en échange, pour financer les dépenses publiques en général.
Cotisation sociale : Somme versée pour la protection sociale. En principe, elle ouvre des droits, comme une retraite ou des remboursements.
Redevance : Somme payée pour un service précis, comme un péage ou une redevance d’eau.
Les textes à citer
Article 34 de la Constitution : la loi fixe les règles concernant l’assiette, le taux et les modalités de recouvrement des impositions de toutes natures.
Articles 13 et 14 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 (DDHC).
Définition de référence : comptes nationaux de l’INSEE et classification de l’OCDE.
Article 34 de la Constitution : c’est la loi qui fixe qui paie, combien et comment on recouvre l’impôt.
Articles 13 et 14 de la Déclaration de 1789 : ils fondent l’égalité devant l’impôt et le consentement à l’impôt.
Définition de référence : les comptes nationaux de l’INSEE.
La source à connaître
Comptes nationaux (INSEE) : publient chaque année le montant et le taux des prélèvements obligatoires, avec leur ventilation entre l’État, les collectivités et la Sécurité sociale.
Comptes nationaux (INSEE) : chaque année, ils donnent le total des prélèvements et sa répartition entre l’État, les collectivités et la Sécurité sociale.
Piège / à ne pas confondre
Ne pas confondre la redevance (contrepartie directe, donc hors PO) et l’impôt. Ne pas confondre la CSG, qui n’ouvre pas de droits, et la cotisation sociale, qui en ouvre en principe. Ne pas confondre le taux de PO (ratio sur le PIB) et le montant des recettes de l’État, qui ne mesurent pas la même chose.
Ne confonds pas la redevance, payée pour un service précis, et l’impôt, qui n’a pas de contrepartie. Ne confonds pas la CSG, qui ne donne pas de droits, et la cotisation sociale, qui en donne en principe. Le taux de prélèvements est un pourcentage de la richesse produite. Ce n’est pas le montant de ce que touche l’État.
À retenir pour l'épreuve
PO = impôts + cotisations sociales, versés à des administrations publiques, sans contrepartie directe. En France, plus de 40 % du PIB.
Prélèvements obligatoires = impôts + cotisations, sans rien recevoir de précis en échange. En France, plus de 40 % de la richesse produite.
La dépense publique et ses fonctions
I — L'approche globale des finances publiques · A. Théories et concepts
En une phrase
La dépense publique regroupe les dépenses de l’ensemble des administrations publiques ; elle remplit trois fonctions économiques, dont la théorie de Musgrave donne la liste classique.
La dépense publique, c’est tout ce que dépensent l’État, les collectivités et la Sécurité sociale. Elle sert à trois choses, selon la théorie la plus connue.
Pourquoi cette règle existe
Il faut une justification économique à l’intervention publique. Le marché ne produit pas tout seul certains biens (défense, éclairage public), ne corrige pas toujours les inégalités, et connaît des cycles de crise. La théorie des finances publiques explique pourquoi la puissance publique dépense et dans quel but.
Il faut une raison économique pour que l’État dépense. Le marché seul ne fournit pas certains biens, ne réduit pas toujours les inégalités et traverse des crises. La théorie explique pourquoi la puissance publique intervient.
Comment ça marche
Fonction d’allocation : fournir les biens et services que le marché ne produit pas ou mal (biens publics, externalités).
Fonction de redistribution : corriger la répartition des revenus et des richesses, par l’impôt progressif et les transferts sociaux.
Fonction de stabilisation : lisser les cycles économiques. Keynes (1936) a fait de la dépense publique un instrument de relance en période de récession.
Loi de Wagner (1883) : tendance observée à l’augmentation de la part de la dépense publique dans la richesse, avec le développement économique.
Allouer : l’État fournit ce que le marché ne fournit pas bien, comme la sécurité, la justice ou l’éclairage public.
Redistribuer : l’État réduit les écarts de revenus, avec des impôts plus élevés pour les hauts revenus et des aides sociales.
Stabiliser : en crise, l’État dépense plus pour soutenir l’activité. Keynes l’a défendu en 1936.
Loi de Wagner (1883) : avec le développement, la part des dépenses publiques dans la richesse tend à augmenter.
Exemple concret
En récession, les recettes fiscales baissent et les dépenses d’indemnisation du chômage augmentent. Le déficit se creuse sans décision nouvelle : ce sont les stabilisateurs automatiques. Une relance discrétionnaire, elle, suppose une décision expresse de dépenser davantage.
Pendant une crise, les rentrées d’impôts baissent et les allocations chômage augmentent. Le déficit grandit tout seul : c’est un stabilisateur automatique. Si l’État décide en plus de lancer un plan de relance, c’est une relance voulue.
Vocabulaire
Dépense publique : Ensemble des dépenses des administrations publiques (État, organismes divers d’administration centrale, collectivités, Sécurité sociale).
Bien public : Bien non rival et non exclusif (défense nationale, éclairage public), que le marché ne fournit pas spontanément.
Externalité : Effet d’une activité sur un tiers, sans compensation par le marché (pollution, par exemple).
Stabilisateurs automatiques : Mécanismes qui amortissent le cycle sans décision nouvelle (impôt progressif, allocations chômage).
Dépense publique : Tout ce que dépensent l’État, les collectivités et la Sécurité sociale.
Bien public : Bien dont tout le monde profite sans qu’on puisse facilement faire payer chacun, comme l’éclairage public.
Externalité : Effet d’une activité sur d’autres personnes, sans que personne ne paie pour cet effet, comme la pollution.
Stabilisateurs automatiques : Mécanismes qui jouent seuls en crise, sans nouvelle décision, comme les allocations chômage.
Les textes à citer
Article 1er de la LOLF (2001) : les lois de finances déterminent la nature, le montant et l’affectation des ressources et des charges de l’État.
Article 34 de la Constitution : les lois de finances déterminent les ressources et les charges de l’État.
Keynes, Théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie (1936) ; Musgrave, The Theory of Public Finance (1959) ; Wagner (1883).
Article 1er de la LOLF (2001) : c’est la loi de finances qui fixe les recettes et les dépenses de l’État.
Article 34 de la Constitution : même idée, au niveau constitutionnel.
Trois auteurs à connaître : Wagner (1883), Keynes (1936), Musgrave (1959).
La source à connaître
Musgrave (1959) : pose la distinction entre allocation, redistribution et stabilisation, qui structure encore l’analyse des finances publiques.
Musgrave (1959) : il sépare les trois fonctions de la dépense publique : allouer, redistribuer, stabiliser. Tous les manuels s’appuient dessus.
Piège / à ne pas confondre
La dépense publique n’est pas la dépense de l’État : elle englobe les collectivités et la Sécurité sociale. Les stabilisateurs automatiques ne sont pas une relance discrétionnaire. La loi de Wagner décrit une tendance historique, pas une loi économique au sens strict.
La dépense publique, ce n’est pas seulement celle de l’État : il faut ajouter les collectivités et la Sécurité sociale. Le déficit qui se creuse seul en crise ne vient pas d’une décision. La loi de Wagner décrit une tendance observée, pas une loi certaine.
À retenir pour l'épreuve
Musgrave : allocation, redistribution, stabilisation. Wagner : tendance à la hausse. Keynes : dépense publique contracyclique.
Musgrave : fournir, redistribuer, stabiliser. Wagner : la dépense publique tend à monter. Keynes : dépenser plus en crise.
Le consentement à l'impôt et les principes fiscaux
I — L'approche globale des finances publiques · B. Les grands principes
En une phrase
L’impôt doit être consenti par les citoyens ou leurs représentants, voté par la loi, réparti également selon les facultés contributives et jugé nécessaire à la dépense publique.
Personne ne peut être obligé de payer un impôt qui n’a pas été voté par ses représentants. L’impôt doit être le même pour tous, selon ce que chacun peut payer, et il doit servir à une dépense nécessaire.
Pourquoi cette règle existe
Sous l’Ancien Régime, le roi levait l’impôt sans contrôle et sans égalité. La Révolution pose le principe inverse : la contribution commune est décidée par les représentants des citoyens, et chacun peut en suivre l’emploi. Le principe est au cœur de la démocratie parlementaire et du contrôle des finances publiques.
Avant 1789, le roi levait des impôts sans contrôle et sans règle d’égalité. La Révolution a changé cela : les impôts sont votés par les représentants, et chacun peut vérifier comment l’argent est dépensé.
Comment ça marche
Légalité : seul le législateur fixe l’assiette, le taux et les modalités de recouvrement (article 34 de la Constitution). Une collectivité ne peut lever que les impôts que la loi autorise.
Égalité : la contribution commune est répartie entre les citoyens en raison de leurs facultés (article 13 DDHC). Cela fonde la progressivité de l’impôt sur le revenu.
Consentement : chaque citoyen peut constater par lui-même ou par ses représentants la nécessité de la contribution, la consentir et en suivre l’emploi (article 14 DDHC).
Contrôle : la société a le droit de demander compte à tout agent public de son administration (article 15 DDHC).
Légalité : seule la loi peut créer un impôt et fixer comment on le calcule et le paie. Une commune ne peut pas inventer une taxe de sa propre initiative.
Égalité : tout le monde paie selon ses moyens. C’est pour cela que l’impôt sur le revenu augmente avec les revenus.
Consentement : chacun peut vérifier la nécessité de l’impôt, l’accepter par ses représentants et suivre l’usage de l’argent.
Contrôle : chacun peut demander des comptes à un agent public sur sa gestion.
Exemple concret
Un conseil municipal décide, sans loi, de créer une taxe sur les terrasses de café. Le principe de légalité (article 34 de la Constitution) rend cette taxe illégale : seul le législateur peut créer un impôt. Le même raisonnement interdit au pouvoir réglementaire de fixer lui-même un taux.
Une mairie veut créer une taxe sur les terrasses de café, sans loi. C’est impossible : seul le Parlement peut créer un impôt. La mairie ne peut pas décider seule.
Vocabulaire
Assiette : Base sur laquelle s’applique le taux (revenu, valeur d’un bien, chiffre d’affaires).
Consentement à l’impôt : Principe selon lequel l’impôt est accepté par les représentants des contribuables.
Facultés contributives : Capacité réelle de chacun à payer, qui fonde l’égalité devant l’impôt.
Progressivité : Taux qui augmente avec la base imposable ; expression concrète de l’égalité devant l’impôt.
Assiette : La chose sur laquelle on calcule l’impôt, par exemple le revenu ou la valeur d’une maison.
Consentement à l’impôt : L’impôt doit être accepté par les représentants des citoyens.
Facultés contributives : Ce que chacun peut réellement payer.
Progressivité : Plus on gagne, plus le taux augmente. C’est une façon de mettre en pratique l’égalité.
Les textes à citer
Article 13 DDHC (1789) : égalité devant l’impôt, en raison des facultés.
Article 14 DDHC : consentement, nécessité, emploi, assiette, quotité et durée de l’impôt.
Article 15 DDHC : droit de demander compte à tout agent public.
Article 34 de la Constitution : la loi fixe assiette, taux et recouvrement.
Article 13 de la Déclaration de 1789 : tout le monde paie selon ses moyens.
Article 14 : chacun accepte l’impôt et peut vérifier son usage.
Article 15 : chacun peut demander des comptes à un agent public.
Article 34 de la Constitution : c’est la loi qui fixe l’impôt.
La source à connaître
Déclaration des droits de l’homme et du citoyen (26 août 1789), articles 13 à 15 : texte fondateur du consentement à l’impôt, ayant valeur constitutionnelle.
Déclaration des droits de l’homme et du citoyen (1789), articles 13 à 15 : c’est le texte de base. Il a aujourd’hui valeur constitutionnelle.
Piège / à ne pas confondre
Égalité devant l’impôt ne signifie pas impôt identique : elle signifie répartition selon les facultés. Légalité ne signifie pas seulement « il existe une loi » : elle exige que le législateur fixe les éléments essentiels. Le consentement porte sur le principe de l’impôt par les représentants, pas sur le paiement volontaire.
Égalité ne veut pas dire que tout le monde paie la même somme : cela veut dire que chacun paie selon ses moyens. La loi doit fixer les éléments importants, pas seulement exister. Le consentement ne veut pas dire que chacun peut choisir de ne pas payer.
À retenir pour l'épreuve
Légalité (art. 34 C.), égalité selon les facultés (art. 13 DDHC), consentement et contrôle (art. 14 et 15 DDHC).
Trois principes à citer : la loi fixe l’impôt (art. 34), chacun paie selon ses moyens (art. 13 DDHC), chacun peut vérifier l’usage (art. 14 et 15 DDHC).
Les principes budgétaires
I — L'approche globale des finances publiques · B. Les grands principes
En une phrase
Cinq principes encadrent l’élaboration et l’exécution du budget de l’État : annualité, unité, universalité, spécialité et sincérité ; chacun connaît des exceptions.
Le budget obéit à cinq règles : il vaut pour une année, il est dans un seul document, toutes les sommes y figurent, chaque somme sert à un usage précis, et le budget doit être honnête.
Pourquoi cette règle existe
Ces principes garantissent le contrôle du Parlement sur l’argent public. Un budget voté pour plusieurs années, éclaté en plusieurs documents, incomplet ou fondé sur des prévisions fausses échapperait au vote des représentants. Ils découlent de la tradition budgétaire et ont été repris et précisés par la LOLF de 2001.
Ces règles permettent au Parlement de contrôler l’argent public. Un budget trop flou, trop éparpillé ou faux ne peut pas être contrôlé. La LOLF de 2001 les a reprises et précisées.
Comment ça marche
Annualité : le budget est voté pour une année civile. Exceptions : les autorisations d’engagement sont pluriannuelles, les crédits peuvent être reportés, les lois de finances rectificatives modifient le budget en cours d’année.
Unité : toutes les recettes et dépenses de l’État figurent dans un seul document, la loi de finances. Exceptions : les budgets annexes et les comptes spéciaux.
Universalité : toutes les recettes et dépenses sont inscrites brutes, sans compensation entre elles. Exceptions : les fonds de concours et les recettes affectées.
Spécialité : chaque crédit est voté pour un objet précis (mission, programme, titre). Tempérament : la fongibilité asymétrique.
Sincérité : les évaluations de recettes et de dépenses doivent être sincères, c’est-à-dire fondées sur des prévisions réalistes.
Annualité : le budget vaut pour une année. Quelques exceptions, comme les engagements qui courent sur plusieurs ans.
Unité : tout est dans une seule loi. Quelques exceptions, comme certains budgets séparés.
Universalité : on inscrit tout, en brut, sans soustraire une recette à une dépense. Quelques exceptions, comme les recettes réservées à une dépense.
Spécialité : chaque somme a un usage précis. On ne peut pas la dépenser pour autre chose.
Sincérité : les prévisions doivent être honnêtes, pas volontairement optimistes.
Exemple concret
Un ministère dispose de crédits votés pour la formation des agents. Il décide de les utiliser pour financer une subvention à une association culturelle : c’est une violation de la spécialité. En revanche, il peut redéployer des crédits à l’intérieur de son programme, dans les limites de la fongibilité asymétrique.
Un ministère a de l’argent prévu pour la formation de ses agents. Il veut l’utiliser pour une association culturelle : c’est interdit, parce que chaque somme a un usage précis.
Vocabulaire
Annualité : Principe selon lequel le budget est voté pour une année civile.
Unité budgétaire : Principe selon lequel l’ensemble des recettes et dépenses figure dans un seul document.
Universalité : Principe selon lequel les recettes et les dépenses sont inscrites en totalité, sans compensation.
Spécialité : Principe selon lequel chaque crédit est affecté à un objet déterminé.
Sincérité : Principe selon lequel les prévisions de recettes et de dépenses sont réalistes.
Annualité : Le budget vaut pour un an.
Unité : Tout le budget est dans un seul texte.
Universalité : On inscrit tout, en brut.
Spécialité : Chaque somme a un usage précis.
Sincérité : Les chiffres prévus doivent être honnêtes.
Les textes à citer
LOLF, loi organique n° 2001-692 du 1er août 2001 relative aux lois de finances.
Article 1er de la LOLF : les lois de finances déterminent la nature, le montant et l’affectation des ressources et des charges.
Article 34 de la Constitution : les lois de finances déterminent les ressources et les charges de l’État.
La LOLF, loi du 1er août 2001 : c’est elle qui a fixé les règles du budget de l’État.
Article 1er de la LOLF : la loi de finances fixe les recettes et les dépenses.
Article 34 de la Constitution : même règle au niveau de la Constitution.
La source à connaître
LOLF (2001) : consacre les principes budgétaires et les précise. Sa révision par la loi organique du 28 décembre 2021 n’en remet pas en cause la logique.
LOLF (2001) : c’est le texte qui organise le budget de l’État. Il a été modifié en 2021, mais sa logique reste la même.
Piège / à ne pas confondre
Unité (un seul document) et universalité (tout est inscrit brut) sont distinctes. Spécialité (usage précis) et annualité (durée d’un an) aussi. La fongibilité asymétrique est un tempérament à la spécialité, pas une violation.
Unité et universalité ne veulent pas dire la même chose : l’une parle du document, l’autre des sommes. Spécialité et annualité aussi : l’une parle de l’usage, l’autre de la durée. La fongibilité est une souplesse permise, pas une violation.
À retenir pour l'épreuve
Annualité, unité, universalité, spécialité, sincérité : cinq principes, chacun avec ses exceptions. Les citer tous, puis un exemple d’exception, fait une bonne introduction.
Cinq principes : année, document unique, tout inscrit, usage précis, prévisions honnêtes. Pour chacun, une exception à connaître.
Ordonnateurs, comptables et unité de caisse
I — L'approche globale des finances publiques · B. Les grands principes
En une phrase
En comptabilité publique, l’ordonnateur décide de la dépense ou de la recette, le comptable public encaisse et paie : ces deux fonctions sont séparées, et le comptable seul manie les fonds publics.
Celui qui décide de dépenser n’est pas celui qui paie. Le premier est l’ordonnateur, le second le comptable public. Seul le comptable touche à l’argent public.
Pourquoi cette règle existe
La séparation évite qu’une même personne décide et paie, ce qui ouvrirait la voie aux détournements. Elle organise un contrôle mutuel : le comptable vérifie la régularité de la dépense avant de la payer. Elle est reprise par le décret de 2012 sur la gestion budgétaire et comptable publique (GBCP).
Une même personne ne doit pas décider et payer, sinon elle pourrait détourner l’argent. Le comptable vérifie donc la dépense avant de la payer. C’est un contrôle croisé.
Comment ça marche
L’ordonnateur : ministre pour l’État, maire pour la commune, président pour la région ou le département. Il engage, liquide et ordonnance la dépense ou la recette.
Le comptable public : seul habilité à manier les fonds publics. Il contrôle la régularité avant de payer et tient la comptabilité. Pour l’État, il relève de la DGFiP.
L’unité de caisse : une personne publique n’a qu’un seul comptable et une seule caisse ; pas de caisse parallèle.
La responsabilité : depuis le 1er janvier 2023, un régime unifié de responsabilité financière des gestionnaires publics s’applique, par l’ordonnance du 23 mars 2022. Il remplace l’ancienne responsabilité personnelle et pécuniaire des comptables.
L’ordonnateur : c’est celui qui décide. Pour l’État, c’est le ministre. Pour une commune, c’est le maire.
Le comptable public : c’est le seul qui peut encaisser et payer. Il vérifie avant de payer. Pour l’État, c’est la DGFiP.
L’unité de caisse : une collectivité ou un État n’a qu’un seul comptable et une seule caisse.
La responsabilité : depuis 2023, les gestionnaires publics répondent de leurs fautes graves selon un régime unique.
Exemple concret
Un maire signe un bon de commande pour des travaux : c’est l’ordonnancement, l’acte de l’ordonnateur. Le trésorier de la commune, comptable public, vérifie que la dépense est régulière (crédits disponibles, pièces justificatives), puis la paie. Si la facture est irrégulière, il peut refuser le paiement.
Un maire décide de payer des travaux. Le trésorier de la commune, qui est le comptable, vérifie que tout est en règle avant de payer. S’il y a un problème, il peut refuser.
Vocabulaire
Ordonnateur : Autorité qui engage, liquide et ordonne les recettes et les dépenses.
Comptable public : Agent qui encaisse les recettes, paie les dépenses et tient la comptabilité, après contrôle de régularité.
Unité de caisse : Principe selon lequel chaque personne publique n’a qu’un seul comptable et une seule caisse.
Gestion budgétaire et comptable publique (GBCP) : Cadre juridique de la gestion budgétaire et comptable des organismes publics, issu du décret de 2012.
Ordonnateur : Celui qui décide de dépenser ou d’encaisser.
Comptable public : Celui qui encaisse et paie, après avoir vérifié.
Unité de caisse : Une seule caisse par organisme public.
GBCP : Les règles qui encadrent la gestion de l’argent public, depuis 2012.
Les textes à citer
Décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 relatif à la gestion budgétaire et comptable publique (GBCP).
Ordonnance n° 2022-408 du 23 mars 2022 relative à la responsabilité financière des gestionnaires publics.
LOLF (2001), notamment les règles sur les ordonnateurs et les comptables de l’État.
Décret de 2012 (GBCP) : il organise la gestion de l’argent public.
Ordonnance de 2022 : elle crée le régime de responsabilité des gestionnaires publics, en vigueur depuis 2023.
La LOLF de 2001 pose aussi ces règles pour l’État.
La source à connaître
Ordonnance du 23 mars 2022 : remplace le double régime de responsabilité financière par un régime unifié. Elle supprime la Cour de discipline budgétaire et financière (CDBF).
Ordonnance du 23 mars 2022 : elle remplace deux régimes par un seul. Elle supprime la CDBF, la cour qui jugeait les ordonnateurs.
Piège / à ne pas confondre
Ordonnateur et comptable ne sont pas la même personne ni la même fonction : l’un engage, l’autre paie. Une même personne ne peut pas être les deux pour une même opération. La responsabilité des gestionnaires publics (depuis 2023) n’est pas l’ancienne responsabilité personnelle et pécuniaire des comptables.
Ordonnateur et comptable font des choses différentes : l’un décide, l’autre paie. Une même personne ne peut pas faire les deux pour une même dépense. Depuis 2023, la responsabilité est différente de l’ancienne.
À retenir pour l'épreuve
Ordonnateur engage et ordonnance, comptable contrôle et paie. Unité de caisse : un comptable, une caisse. Régime unifié de responsabilité depuis le 1er janvier 2023.
L’ordonnateur décide, le comptable paie. Une seule caisse par organisme. Depuis 2023, un seul régime de responsabilité pour les gestionnaires.
La dette publique : définition, structure, financement
I — L'approche globale des finances publiques · D. L'endettement public
En une phrase
La dette publique est le stock cumulé des engagements financiers des administrations publiques, au sens de Maastricht ; elle résulte de l’accumulation des déficits annuels.
La dette publique, c’est ce que l’État, les collectivités et la Sécurité sociale doivent à leurs créanciers au total. Elle s’est accumulée à chaque année de déficit.
Pourquoi cette règle existe
Il faut mesurer le niveau d’endettement pour apprécier la soutenabilité des finances publiques : une dette trop forte limite les marges de manœuvre, pèse sur les intérêts et peut inquiéter les créanciers. Le critère de 60 % du PIB, retenu à Maastricht, sert de repère européen.
Une dette trop lourde réduit la liberté de l’État : il doit payer de plus en plus d’intérêts. Il faut donc la mesurer pour savoir si elle reste supportable.
Comment ça marche
Déficit et dette : le déficit est un flux annuel (dépenses moins recettes) ; la dette est un stock (somme des déficits passés, nets des remboursements).
Dette au sens de Maastricht : dette brute consolidée des administrations publiques, en valeur nominale, sans déduction des actifs.
Structure : dette négociable (obligations, comme les OAT à long terme et les BTF à court terme) et dette non négociable (emprunts auprès d’organismes publics).
Gestion : l’Agence France Trésor (AFT) gère la dette de l’État, en émettant des titres par adjudication auprès de spécialistes en valeurs du Trésor.
Soutenabilité : elle dépend du taux d’intérêt par rapport au taux de croissance de l’économie.
Déficit et dette : le déficit, c’est ce qu’on dépense en trop dans l’année. La dette, c’est le total de tous les déficits passés.
Dette de Maastricht : c’est la dette brute des administrations publiques, sans déduire ce qu’elles possèdent.
Structure : une partie se vend sur les marchés, sous forme d’obligations. L’autre est empruntée à des organismes publics.
Gestion : l’Agence France Trésor emprunte pour l’État, en vendant des titres aux banques spécialisées.
Soutenabilité : si les taux d’intérêt sont plus hauts que la croissance, la dette devient plus difficile à porter.
Exemple concret
Un État dépense 100 milliards de plus qu’il ne perçoit en une année : le déficit est de 100 milliards. Sa dette augmente d’autant, et les intérêts de cette dette viennent alourdir le déficit des années suivantes.
Un État dépense 100 milliards de plus que ce qu’il reçoit cette année. Sa dette augmente de 100 milliards. L’année suivante, il paie aussi des intérêts sur cette somme.
Vocabulaire
Déficit public : Excédent des dépenses sur les recettes sur une année (flux).
Dette publique (Maastricht) : Dette brute consolidée des administrations publiques, à valeur nominale (stock).
OAT : Obligation assimilable du Trésor, titre de dette de l’État à long terme.
Agence France Trésor (AFT) : Service qui gère la dette et la trésorerie de l’État.
Déficit public : Ce qu’on dépense en trop sur une année.
Dette publique : Le total de ce qu’on doit, accumulé au fil des années.
OAT : Titre de dette de l’État, à long terme.
Agence France Trésor (AFT) : Le service qui emprunte pour l’État.
Les textes à citer
Protocole (n° 12) sur la procédure concernant les déficits excessifs, annexé au Traité sur le fonctionnement de l’Union européenne : valeur de référence de 60 % du PIB pour la dette.
Code de la dette publique, pour le cadre de gestion et d’émission de la dette de l’État.
Un protocole annexé au traité européen fixe le repère de 60 % du PIB pour la dette.
Les règles de l’État en matière d’emprunt sont dans le Code de la dette publique.
La source à connaître
Eurostat, procédure concernant les déficits excessifs : donne les données de déficit et de dette utilisées pour vérifier les critères de 3 % et 60 % du PIB.
Eurostat : le service statistique européen publie les chiffres de déficit et de dette qui servent à vérifier les règles européennes.
Piège / à ne pas confondre
Déficit (flux annuel) et dette (stock) ne sont pas la même chose. Dette brute et dette nette diffèrent : la dette de Maastricht est brute. Le taux de dette se compare au PIB, pas à un budget.
Le déficit, c’est pour une année. La dette, c’est le total. La dette brute ne déduit pas ce que l’État possède. Le taux se compare à la richesse produite, pas au budget.
À retenir pour l'épreuve
Déficit = flux, dette = stock. Dette de Maastricht = brute, consolidée, nominale. Gestion par l’AFT. Repère de 60 % du PIB.
Déficit : une année. Dette : le total. Maastricht : la dette brute. Repère : 60 % de la richesse produite.
Les acteurs et les systèmes de contrôle
I — L'approche globale des finances publiques · E. Processus et acteurs
En une phrase
Les finances publiques sont conduites par des administrations financières (DGFiP, Direction du budget, DGDDI) et contrôlées par des instances internes, parlementaires et juridictionnelles, au premier rang desquelles la Cour des comptes.
Plusieurs administrations font tourner l’argent public, et plusieurs organes le surveillent : le Parlement, les inspections internes et la Cour des comptes.
Pourquoi cette règle existe
L’argent public exige des contrôles à plusieurs niveaux : la régularité de chaque opération, la sincérité des comptes, la bonne gestion et le respect des choix du Parlement. Un seul contrôle ne suffirait pas. Le principe est posé par l’article 15 de la Déclaration de 1789 : la société peut demander des comptes à tout agent public.
Pour surveiller l’argent public, il faut plusieurs contrôles : celui qui vérifie chaque opération, celui qui vérifie les comptes, et celui qui juge la bonne gestion. Ce principe est dans la Déclaration de 1789.
Comment ça marche
Administrations financières : la DGFiP (impôts, comptabilité publique, recouvrement), la Direction du budget (préparation du budget de l’État), la Direction générale du Trésor, la DGCL (collectivités), la DGDDI (douanes).
Contrôle interne et administratif : Inspection générale des finances (IGF), corps d’inspection et de contrôle, contrôle financier.
Contrôle parlementaire : commissions des finances, rapporteurs spéciaux, examen du budget et de son exécution.
Contrôle juridictionnel : la Cour des comptes (article 47-2 de la Constitution) et les chambres régionales et territoriales des comptes pour les collectivités.
Les administrations : la DGFiP s’occupe des impôts et de la comptabilité publique. La Direction du budget prépare le budget de l’État. La DGDDI gère les douanes.
Le contrôle interne : des inspecteurs à l’intérieur de l’État, dont l’Inspection générale des finances.
Le Parlement : ses commissions des finances examinent le budget et sa bonne exécution.
La Cour des comptes : une juridiction qui vérifie les comptes et juge la gestion. Les chambres régionales s’occupent des collectivités.
Exemple concret
Un contrôle fiscal est mené par l’administration (DGFiP) sur une entreprise. Le budget de l’État est examiné par la commission des finances de l’Assemblée. La Cour des comptes, elle, peut examiner l’efficacité d’un programme de dépenses et publier un rapport sur la situation des finances publiques.
Le fisc contrôle une entreprise. Les députés examinent le budget. La Cour des comptes vérifie si un programme de dépenses marche bien et publie un rapport.
Vocabulaire
DGFiP : Direction générale des finances publiques, qui assure les missions fiscales et la comptabilité publique.
Cour des comptes : juridiction financière qui juge les comptes, certifie les comptes de l’État et assiste le Parlement.
IGF : Inspection générale des finances, corps de contrôle interne du ministère de l’Économie et des Finances.
Contrôle juridictionnel : contrôle exercé par une juridiction, avec des pouvoirs de jugement.
DGFiP : L’administration qui gère les impôts et la comptabilité de l’État.
Cour des comptes : une juridiction qui vérifie les comptes et juge la gestion.
IGF : L’inspection interne du ministère des finances.
Contrôle juridictionnel : un contrôle fait par un juge.
Les textes à citer
Article 47-2 de la Constitution : la Cour des comptes assiste le Parlement et le Gouvernement dans le contrôle de l’exécution des lois de finances et de financement de la Sécurité sociale.
Article 15 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789.
Code des juridictions financières.
Article 47-2 de la Constitution : la Cour des comptes aide le Parlement et le Gouvernement à contrôler l’argent public.
Article 15 de la Déclaration de 1789 : on peut demander des comptes à tout agent public.
Le Code des juridictions financières organise la Cour et les chambres régionales.
La source à connaître
Cour des comptes, « La situation et les perspectives des finances publiques » : rapport annuel qui fait le point sur les comptes et la trajectoire de la dette (ccomptes.fr).
Cour des comptes, « La situation et les perspectives des finances publiques » : rapport qui fait le point chaque année sur les comptes publics (ccomptes.fr).
Piège / à ne pas confondre
La Cour des comptes est une juridiction financière, distincte du Conseil d’État et du Conseil constitutionnel. Le contrôle parlementaire n’est pas juridictionnel. Le contrôle des comptes et le contrôle de la gestion sont deux fonctions différentes.
La Cour des comptes n’est pas le Conseil d’État, ni le Conseil constitutionnel. Le Parlement contrôle, mais il ne juge pas. Vérifier les comptes et juger la gestion, ce n’est pas la même chose.
À retenir pour l'épreuve
Art. 47-2 C. : la Cour assiste Parlement et Gouvernement. Art. 15 DDHC : demander compte à tout agent public. Contrôles interne, parlementaire, juridictionnel.
Article 47-2 : la Cour des comptes aide le Parlement. Article 15 de 1789 : on peut demander des comptes. Trois types de contrôle : interne, parlementaire, juridictionnel.
Le pilotage européen : Maastricht et le pacte de stabilité
I — L'approche globale des finances publiques · F. Pilotage des finances publiques
En une phrase
Les États membres de l’Union européenne sont soumis à deux critères budgétaires, un déficit inférieur ou égal à 3 % du PIB et une dette inférieure ou égale à 60 % du PIB, dont le non-respect peut déclencher une procédure de déficit excessif.
Dans l’Union européenne, les pays doivent respecter deux repères : un déficit d’au plus 3 % de la richesse produite, et une dette d’au plus 60 %. S’ils ne les respectent pas, la Commission peut ouvrir une procédure.
Pourquoi cette règle existe
Avec une monnaie commune, les déficits d’un État affectent les autres. Le traité de Maastricht (1992) a donc fixé des repères communs, et le pacte de stabilité et de croissance (1997) a organisé la surveillance multilatérale des budgets.
Avec une monnaie commune, les dettes d’un pays pèsent sur les autres. L’Europe a donc fixé des repères pour tous, et une surveillance des budgets.
Comment ça marche
Critère de déficit : déficit public planifié ou effectif inférieur ou égal à 3 % du PIB.
Critère de dette : dette publique brute inférieure ou égale à 60 % du PIB.
Exceptions : un dépassement de la dette n’entraîne pas automatiquement une procédure si la dette diminue à un rythme satisfaisant ; un déficit au-dessus de 3 % peut être toléré s’il est exceptionnel et temporaire.
Procédure de déficit excessif : mise en œuvre par la Commission et le Conseil, avec des recommandations puis, en cas de non-respect, des mesures contraignantes.
Réforme de 2024 : depuis le règlement (UE) 2024/1264, qui modifie le règlement n° 1467/97, la procédure s’appuie aussi sur une trajectoire de dépenses nettes pour les pays dont la dette dépasse 60 % du PIB. Par décision du 26 juillet 2024, le Conseil a constaté un déficit excessif en France.
Déficit : il doit rester à 3 % de la richesse produite ou moins.
Dette : elle doit rester à 60 % ou moins.
Exceptions : une dette trop haute ne déclenche pas tout de suite une procédure si elle baisse bien. Un déficit trop haut peut être toléré s’il est exceptionnel et temporaire.
Procédure : la Commission européenne et le Conseil demandent des efforts. En cas de non-respect, des mesures peuvent être imposées.
Réforme de 2024 : les règles ont changé. Pour les pays très endettés, on regarde désormais la hausse des dépenses nettes. La France a été placée sous procédure de déficit excessif par décision du Conseil du 26 juillet 2024.
Exemple concret
Un État affiche 4 % de déficit pendant trois ans. Le critère de 3 % n’est pas respecté. La Commission étudie si ce dépassement est exceptionnel et temporaire, puis peut proposer une procédure de déficit excessif, avec des délais pour corriger la trajectoire.
Un pays a un déficit de 4 % pendant trois ans. Il dépasse donc la limite de 3 %. La Commission regarde si c’est exceptionnel. Si non, elle peut ouvrir une procédure et demander des efforts.
Vocabulaire
Critères de Maastricht : Déficit public au plus égal à 3 % du PIB et dette publique au plus égale à 60 % du PIB.
Pacte de stabilité et de croissance : Cadre de surveillance budgétaire de l’Union, institué en 1997, précisé par le règlement n° 1467/97.
Procédure de déficit excessif (PDE) : Procédure engagée contre un État qui ne respecte pas les critères, avec recommandations puis mesures.
Eurostat : Office statistique de la Commission, chargé de calculer les données de déficit et de dette.
Critères de Maastricht : Déficit d’au plus 3 % et dette d’au plus 60 % de la richesse produite.
Pacte de stabilité : La règle européenne de surveillance des budgets, datant de 1997.
Procédure de déficit excessif : La procédure ouverte contre un pays qui dépasse les repères.
Eurostat : Le service statistique de la Commission, qui calcule les chiffres.
Les textes à citer
Protocole (n° 12) sur la procédure concernant les déficits excessifs, annexé au Traité sur le fonctionnement de l’Union européenne : les valeurs de référence de 3 % et 60 %.
Règlement (CE) n° 1467/97 du Conseil, du 7 juillet 1997, relatif à l’accélération et à la clarification de la procédure concernant les déficits excessifs.
Le protocole annexé au traité européen fixe les deux repères : 3 % et 60 %.
Le règlement de 1997 précise la procédure de déficit excessif.
La source à connaître
Eurostat, « Procédure concernant les déficits excessifs » : explique les critères, leurs exceptions et la notification des données par les États deux fois par an (ec.europa.eu/eurostat).
Eurostat, « Procédure concernant les déficits excessifs » : la page officielle qui explique les règles et le calendrier de transmission des chiffres (ec.europa.eu/eurostat).
Piège / à ne pas confondre
Les deux critères sont distincts : un État peut respecter celui de déficit et dépasser celui de dette. Un dépassement n’entraîne pas mécaniquement une sanction : la Commission apprécie les exceptions. Les 3 % portent sur le déficit annuel, les 60 % sur le stock de dette.
Les deux règles sont différentes : un pays peut respecter l’une et pas l’autre. Dépasser n’entraîne pas automatiquement une sanction. Les 3 % concernent l’année, les 60 % concernent le total de la dette.
À retenir pour l'épreuve
Critères : 3 % du PIB pour le déficit, 60 % pour la dette. Exceptions à apprécier. Pacte de stabilité (1997). Procédure de déficit excessif.
Repères : 3 % de déficit, 60 % de dette. Il existe des exceptions. Le pacte de stabilité date de 1997.
L'administration de l'impôt
I — L'approche globale des finances publiques · E. Processus et acteurs
En une phrase
L’administration de l’impôt, assurée principalement par la direction générale des finances publiques (DGFiP), couvre le service aux contribuables, la gestion des déclarations, le recouvrement, le contrôle fiscal et le traitement des contentieux.
La DGFiP fait en pratique tout le cycle de l’impôt : elle aide les contribuables, reçoit leurs déclarations, encaisse ce qui est dû, contrôle et règle les litiges.
Pourquoi cette règle existe
Un impôt voté n’a de valeur que s’il est correctement établi, payé et contrôlé. L’administration doit appliquer la loi de façon égale pour tous, et offrir au contribuable des voies de recours. Cette exigence découle de l’égalité devant l’impôt et du droit de demander compte à l’administration.
Un impôt ne sert à rien si personne ne le calcule, ne le recouvre ou ne vérifie les déclarations. L’administration doit aussi appliquer la loi pareil pour tout le monde, et chacun doit pouvoir contester.
Comment ça marche
Service aux contribuables : information, accueil, téléprocédures, déclaration en ligne.
Gestion de l’impôt : établissement de l’assiette et liquidation. Dans le système déclaratif, c’est le contribuable qui déclare ses revenus, et l’administration vérifie.
Recouvrement : encaissement des impôts et des sommes dues, par les comptables publics de la DGFiP. Les modes de paiement se sont multipliés, et des poursuites sont possibles en cas de non-paiement.
Contrôle fiscal : vérification de comptabilité des entreprises, examen de la situation fiscale personnelle des particuliers, contrôle sur pièces.
Contentieux : le contribuable adresse d’abord une réclamation à l’administration. En cas de refus, il saisit le tribunal administratif, qui est le juge de l’impôt.
Aider : informer, répondre, proposer des démarches en ligne.
Calculer : l’impôt se calcule à partir de la déclaration. Le contribuable déclare, l’administration vérifie.
Encaisser : les comptables de la DGFiP reçoivent l’argent et peuvent engager des poursuites si on ne paie pas.
Contrôler : l’administration peut vérifier une entreprise ou la situation d’un particulier.
Contester : on demande d’abord à l’administration de revoir sa décision. Si elle refuse, on va devant le tribunal administratif.
Exemple concret
Une entreprise fait l’objet d’une vérification de comptabilité qui aboutit à un redressement de TVA. Elle adresse une réclamation à l’administration. Si celle-ci maintient le redressement, l’entreprise saisit le tribunal administratif, puis, le cas échéant, la cour administrative d’appel.
Une entreprise est contrôlée, et l’administration lui réclame de la TVA. Elle conteste d’abord auprès de l’administration, puis devant le tribunal administratif si elle n’est pas d’accord.
Vocabulaire
Assiette : base sur laquelle est calculé l’impôt.
Recouvrement : encaissement effectif des impôts et des créances publiques.
Contrôle fiscal : ensemble des vérifications de l’administration sur les déclarations.
Réclamation contentieuse : demande adressée à l’administration pour contester un impôt, préalable à la saisine du juge.
Assiette : ce sur quoi on calcule l’impôt.
Recouvrement : l’encaissement de ce qui est dû.
Contrôle fiscal : les vérifications de l’administration.
Réclamation : la demande pour contester un impôt.
Les textes à citer
Code général des impôts (CGI) : fixe l’assiette et les taux des principaux impôts.
Livre des procédures fiscales (LPF) : encadre le contrôle, le recouvrement et le contentieux.
Article 15 de la Déclaration de 1789 : droit de demander compte à tout agent public.
Le Code général des impôts dit ce qu’on doit payer et combien.
Le Livre des procédures fiscales dit comment l’administration contrôle, encaisse et répond aux contestations.
L’article 15 de la Déclaration de 1789 : on peut demander des comptes à l’administration.
La source à connaître
Rapport annuel d’activité de la DGFiP : donne les chiffres du contrôle fiscal, du recouvrement et du contentieux, année par année.
Rapport annuel d’activité de la DGFiP : le bilan annuel de la direction, avec les chiffres du contrôle et du recouvrement.
Piège / à ne pas confondre
Contrôle fiscal (vérification de l’impôt d’un contribuable) et contrôle budgétaire (vérification de l’exécution du budget) sont deux choses distinctes. Le contentieux fiscal relève du juge administratif, non du juge judiciaire.
Contrôler un contribuable et contrôler le budget, ce n’est pas la même chose. Un litige sur un impôt va devant le juge administratif.
La DGFiP aide, calcule, encaisse, contrôle et répond aux contestations. On réclame d’abord, puis on va devant le tribunal administratif.
L'incidence économique des prélèvements, des dépenses et de la dette
I — L'approche globale des finances publiques · F. Pilotage des finances publiques
En une phrase
Les prélèvements, les dépenses et la dette ont des effets économiques réels, sur la répartition des revenus, l’activité et l’investissement : c’est ce qu’on appelle l’incidence économique, qui peut différer de l’incidence légale.
Un impôt, une dépense ou une dette ne pèsent pas seulement sur le budget : ils changent aussi ce que font les gens et les entreprises.
Pourquoi cette règle existe
Juger une politique budgétaire sur son seul montant est insuffisant. Une même somme peut stimuler ou freiner l’activité selon la manière dont elle est prélevée ou dépensée. L’analyse de l’incidence permet d’éclairer les choix entre impôts, dépenses et financement par l’emprunt.
Un même montant d’argent public peut aider l’économie ou la freiner, selon la façon dont il est collecté ou dépensé. Il faut donc regarder les effets, pas seulement les chiffres.
Comment ça marche
Incidence fiscale : la charge réelle d’un impôt ne retombe pas toujours sur celui qui le paie légalement. Une TVA sur un bien peu sensible au prix est supportée en grande partie par le consommateur.
Effets sur l’offre : un impôt élevé sur le travail ou l’investissement peut en réduire le niveau.
Effet multiplicateur : une dépense publique peut relancer la demande, plus fortement en période de sous-emploi. Son ampleur dépend du contexte.
Effet d’éviction : un emprunt public important peut faire monter les taux d’intérêt et réduire l’investissement privé.
Qui paie vraiment : un impôt payé par une entreprise peut être répercuté sur les prix, donc payé en partie par les clients.
Effet sur le travail : des impôts très lourds sur le travail peuvent décourager de travailler.
Effet de relance : en crise, une dépense publique peut faire repartir l’activité.
Effet d’éviction : quand l’État emprunte beaucoup, les taux peuvent monter, et les entreprises empruntent moins.
Exemple concret
Une hausse de TVA sur les produits de première nécessité est légalement payée par les entreprises, qui la reversent à l’État. Mais si les prix augmentent, c’est le consommateur qui supporte en grande partie cette hausse : l’incidence économique n’est pas celle que dit la loi.
L’entreprise reverse la TVA à l’État, mais si elle augmente ses prix, c’est le client qui paie en grande partie. La loi ne dit pas tout.
Vocabulaire
Incidence : répartition effective de la charge d’un impôt, entre celui qui le paie légalement et celui qui le supporte économiquement.
Multiplicateur budgétaire : rapport entre la variation de l’activité et la variation de la dépense publique qui la provoque.
Effet d’éviction : baisse de l’investissement privé due à la hausse des taux, qui résulte d’un endettement public important.
Élasticité : sensibilité de la demande ou de l’offre à une variation de prix.
Incidence : qui paie vraiment.
Multiplicateur : combien d’activité crée un euro de dépense publique.
Effet d’éviction : l’argent public qui empêche le privé d’emprunter.
Élasticité : à quel point les gens réagissent à un changement de prix.
Les textes à citer
Keynes, Théorie générale (1936) : théorie du multiplicateur.
Article 34 de la Constitution : la loi fixe l’assiette et le taux des impositions.
Comptes nationaux de l’INSEE : données pour mesurer les effets des prélèvements et des dépenses.
Keynes (1936) : c’est lui qui a expliqué l’effet multiplicateur.
Article 34 de la Constitution : c’est la loi qui fixe les impôts.
Les comptes nationaux de l’INSEE : les chiffres pour mesurer ces effets.
La source à connaître
Rapports de la Cour des comptes sur la dette et les dépenses publiques : analysent les effets de la trajectoire budgétaire sur la croissance et les taux (ccomptes.fr).
Rapports de la Cour des comptes : ils expliquent comment la dette et les dépenses pèsent sur l’économie (ccomptes.fr).
Piège / à ne pas confondre
Incidence légale (qui doit payer) et incidence économique (qui paie réellement) ne coïncident pas toujours. L’effet multiplicateur n’est pas une constante : il dépend de la conjoncture. L’effet d’éviction est partiel, il ne compense pas toujours la dépense.
Celui qui doit payer n’est pas toujours celui qui paie. Le multiplicateur change selon la situation de l’économie. L’effet d’éviction ne supprime pas toute la relance.
À retenir pour l'épreuve
Incidence fiscale, effet sur l’offre, multiplicateur, effet d’éviction. Distinguer incidence légale et incidence économique.
Qui paie vraiment, effet sur le travail, relance, effet d’éviction. Ne pas confondre qui doit payer et qui paie.
La maîtrise de la dépense publique et l'évaluation des politiques
I — L'approche globale des finances publiques · F. Pilotage des finances publiques
En une phrase
La maîtrise de la dépense publique consiste à la contenir dans une trajectoire soutenable, par des plafonds pluriannuels et des revues de dépenses ; l’évaluation des politiques publiques mesure si elles atteignent leurs objectifs, et permet d’arbitrer entre elles.
Il s’agit de dépenser un montant raisonnable, sur plusieurs années, et de vérifier si chaque politique publique marche vraiment.
Pourquoi cette règle existe
La dépense publique a longtemps progressé plus vite que la richesse, ce qui alimente la dette. Par ailleurs, les moyens sont limités : il faut choisir, donc savoir ce qui fonctionne. La LOLF de 2001 a introduit des objectifs et des indicateurs pour rendre ce choix possible.
L’argent public est limité. Il faut donc fixer une limite, puis savoir si ce qu’on finance donne de bons résultats.
Comment ça marche
Programmation pluriannuelle : une loi de programmation des finances publiques fixe des trajectoires de dépenses et de déficit sur plusieurs années. Elle est distincte de la loi de finances annuelle.
Revues de dépenses : analyses approfondies de l’efficacité de postes de dépense, conduites pour identifier des économies ou des réallocations.
Évaluation ex ante et ex post : mesure des effets attendus avant la décision, puis mesure des résultats obtenus. Le Parlement dispose de comités d’évaluation et de contrôle, et la Cour des comptes publie des évaluations de politiques publiques.
Indicateurs de performance : instrument de la LOLF, qui permet de comparer les résultats d’un programme à ses objectifs.
Une limite pluriannuelle : une loi fixe ce que l’État peut dépenser et emprunter sur plusieurs années.
Des revues de dépenses : on regarde poste par poste ce qui peut être économisé ou mieux dépensé.
Évaluer : on mesure l’effet d’une politique avant, puis après.
Des indicateurs : des chiffres qui disent si l’objectif est atteint.
Exemple concret
Un programme d’aide à l’insertion professionnelle affiche comme indicateur le taux de retour à l’emploi de ses bénéficiaires six mois après. Si ce taux reste faible sur plusieurs années, l’évaluation peut conduire à réduire ou réorienter le dispositif.
Un programme d’aide à l’emploi suit combien de bénéficiaires retrouvent un travail. Si le résultat est faible pendant plusieurs années, on peut le réduire ou le changer.
Vocabulaire
Loi de programmation des finances publiques : loi pluriannuelle qui fixe les trajectoires de dépenses et de déficit.
Revue de dépenses : analyse d’un poste de dépense pour en mesurer l’efficacité.
Évaluation ex post : mesure des résultats d’une politique après sa mise en œuvre.
Indicateur de performance : mesure chiffrée d’un objectif, prévue par la LOLF.
Loi de programmation : une loi qui fixe les dépenses sur plusieurs années.
Revue de dépenses : un examen poste par poste.
Évaluation après coup : on regarde ce que la politique a donné.
Indicateur : le chiffre qui mesure un objectif.
Les textes à citer
LOLF (2001) : objectifs, indicateurs et évaluation de la performance.
Article 47-2 de la Constitution : la Cour des comptes assiste le Parlement dans l’évaluation des politiques publiques.
Loi de programmation des finances publiques en vigueur (pluriannuelle).
La LOLF (2001) : elle impose des objectifs et des indicateurs.
Article 47-2 de la Constitution : la Cour des comptes aide le Parlement à évaluer.
La loi de programmation : elle fixe les dépenses sur plusieurs années.
La source à connaître
Cour des comptes, rapports d’évaluation de politiques publiques : analyses détaillées des résultats de programmes précis (ccomptes.fr).
Cour des comptes, rapports d’évaluation : des analyses précises sur des programmes de l’État (ccomptes.fr).
Piège / à ne pas confondre
Une loi de programmation pluriannuelle n’est pas une loi de finances annuelle. Un indicateur mesure ; un objectif fixe ce qu’on veut atteindre. Évaluer n’est pas contrôler la régularité des dépenses.
Une loi de programmation couvre plusieurs années, la loi de finances une seule. Un objectif, c’est ce qu’on veut ; un indicateur, c’est la mesure. Évaluer n’est pas vérifier que les dépenses sont régulières.
À retenir pour l'épreuve
Maîtriser la dépense : plafonds pluriannuels, revues de dépenses. Évaluer : indicateurs (LOLF), évaluation ex ante et ex post, rapports de la Cour.
Limiter la dépense sur plusieurs années, examiner chaque poste, mesurer les résultats avec des indicateurs.