Tous les « À retenir pour l'épreuve » du cours, dans l'ordre du plan — l'essentiel à garder sous la main avant les écrits.
Les collectivités : organisation et ressources
III — Les finances locales · A. L'organisation et les ressources
En une phrase
Les collectivités territoriales (communes, intercommunalités, départements, régions) disposent d’un budget propre, financé par une fiscalité locale, des dotations de l’État, des tarifs et des emprunts.
Les communes, les départements et les régions ont leur propre budget. Il est financé par des impôts locaux, des aides de l’État, les tarifs payés par les usagers et les emprunts.
Pourquoi cette règle existe
La République est organisée en collectivités qui s’administrent librement (article 72 de la Constitution). Pour que cette libre administration ait un sens, elles doivent avoir des moyens propres. Mais elles dépendent aussi, en partie, de l’État, ce qui crée une tension permanente entre autonomie et péréquation.
Les collectivités doivent pouvoir s’administrer seules, donc avoir leur argent. Mais elles reçoivent aussi beaucoup d’aides de l’État. Cet équilibre est au cœur des débats.
Comment ça marche
Niveaux : environ 35 000 communes, des établissements publics de coopération intercommunale (EPCI), 101 départements (dont 5 d’outre-mer) et 18 régions (dont 5 d’outre-mer), auxquels s’ajoutent des collectivités à statut particulier.
Fiscalité locale directe : taxe foncière sur les propriétés bâties et non bâties, cotisation foncière des entreprises (CFE), et une part de la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE), en cours de suppression. La taxe d’habitation sur les résidences principales a été supprimée.
Dotations de l’État : principalement la dotation globale de fonctionnement (DGF).
Autres ressources : tarifs et redevances des services publics locaux, subventions, emprunts.
Comptabilité : le référentiel M57 s’applique à l’ensemble des collectivités depuis le 1er janvier 2024 ; une version abrégée existe pour les plus petites.
Les niveaux : environ 35 000 communes, des intercommunalités, les départements et les régions.
Impôts locaux : la taxe foncière, la CFE. La taxe d’habitation pour la résidence principale a disparu.
Aides de l’État : la principale est la dotation globale de fonctionnement.
Autres : les tarifs des services (cantine, piscine), les subventions et les emprunts.
Comptabilité : un référentiel commun, la M57, s’applique à toutes les collectivités depuis 2024.
Exemple concret
Une commune finance l’entretien de sa voirie par la taxe foncière payée par les propriétaires, la dotation globale de fonctionnement versée par l’État et les tarifs de son école de musique. Un emprunt peut compléter le financement d’une nouvelle salle des fêtes.
Une commune entretient ses routes avec la taxe foncière, l’aide de l’État et les tarifs de l’école de musique. Pour une nouvelle salle, elle peut emprunter.
Vocabulaire
Collectivité territoriale : personne publique locale administrée par des élus, disposant d’une compétence et d’un budget propres.
EPCI : établissement public de coopération intercommunale, regroupant plusieurs communes.
Fiscalité locale : ensemble des impôts perçus au profit des collectivités territoriales.
Dotation globale de fonctionnement (DGF) : dotation de l’État versée aux collectivités, à la fois dotation de fonctionnement et instrument de péréquation.
Collectivité territoriale : une commune, un département ou une région, avec ses élus et son budget.
EPCI : un regroupement de communes, par exemple une communauté de communes.
Fiscalité locale : les impôts qui vont aux collectivités.
DGF : l’aide de l’État versée chaque année aux collectivités.
Les textes à citer
Article 72 de la Constitution : libre administration des collectivités territoriales.
Article 72-2 de la Constitution : les collectivités bénéficient de ressources dont elles peuvent disposer librement, et d’une part déterminante de leurs ressources propres.
Code général des collectivités territoriales (CGCT).
Article 72 de la Constitution : les collectivités s’administrent librement.
Article 72-2 : elles doivent avoir leurs propres ressources.
Le Code général des collectivités territoriales (CGCT) : c’est le code qui les organise.
La source à connaître
DGCL, « Les collectivités locales en chiffres » : publication annuelle qui donne les dépenses, les recettes et la structure des collectivités (interieur.gouv.fr, rubrique DGCL).
DGCL, « Les collectivités locales en chiffres » : la publication officielle chaque année, avec les chiffres des collectivités.
Piège / à ne pas confondre
La dotation de l’État (DGF) n’est pas une recette fiscale. La CFE et la CVAE sont deux impôts distincts. La taxe d’habitation sur les résidences principales a été supprimée : ne pas la citer comme ressource actuelle.
L’aide de l’État (DGF) n’est pas un impôt local. La CFE et la CVAE sont deux impôts différents. La taxe d’habitation pour la résidence principale n’existe plus.
Quatre niveaux : communes, intercommunalités, départements, régions. Ressources : impôts locaux, aides de l’État, tarifs, emprunts.
L'équilibre budgétaire et la règle d'or
III — Les finances locales · C. Procédures de vote et d'exécution
En une phrase
Le budget d’une collectivité doit être voté en équilibre réel ; l’emprunt ne peut financer que l’investissement, et le remboursement du capital de la dette doit être couvert par des ressources propres : c’est la règle d’or des finances locales.
Une collectivité ne peut pas voter un budget qui manque d’argent. Elle peut emprunter pour investir, mais jamais pour payer ses dépenses courantes.
Pourquoi cette règle existe
Un emprunt de fonctionnement reporte la charge sur les générations futures sans contrepartie durable. Une collectivité qui s’endette pour payer ses salaires finit en impasse. L’obligation d’équilibre réel protège la soutenabilité budgétaire locale.
Emprunter pour payer les salaires, c’est laisser la facture aux générations suivantes sans rien construire. Les règles empêchent cela.
Comment ça marche
Équilibre réel : le budget doit être voté en équilibre entre recettes et dépenses, en tenant compte du remboursement du capital de la dette, et non seulement des intérêts.
Règle d’or : les emprunts financent l’investissement, jamais le fonctionnement.
Capacité de désendettement : encours de dette divisé par l’épargne brute, exprimé en années. Un seuil de douze ans est souvent retenu comme repère d’alerte.
Contrôle : si le budget n’est pas voté dans les délais, s’il n’est pas en équilibre réel, ou si une dépense obligatoire est omise, le préfet saisit la chambre régionale des comptes, qui propose des mesures correctrices.
Équilibre : le budget doit être équilibré, y compris le remboursement de la dette.
Règle d’or : emprunter pour l’investissement seulement.
Capacité de désendettement : combien d’années il faudrait pour rembourser la dette avec l’épargne. Douze ans est souvent vu comme un seuil d’alerte.
Contrôle : si le budget est mal voté, le préfet saisit la chambre régionale des comptes.
Exemple concret
Une commune emprunte 1 million d’euros pour construire une école : c’est de l’investissement, c’est conforme à la règle d’or. La même commune qui emprunterait pour payer les salaires des agents violerait la règle.
Une commune emprunte pour construire une école : c’est permis. Elle ne peut pas emprunter pour payer les salaires.
Vocabulaire
Équilibre réel : Principe selon lequel le budget doit être équilibré, remboursement du capital de la dette compris.
Épargne brute : Différence entre les recettes et les dépenses de fonctionnement, qui sert à rembourser la dette et à investir.
Capacité de désendettement : Nombre d’années nécessaires pour rembourser la dette avec l’épargne brute.
Chambre régionale des comptes (CRC) : juridiction financière qui contrôle les comptes des collectivités.
Équilibre réel : le budget doit être équilibré, y compris le remboursement de la dette.
Épargne brute : l’argent qui reste après les dépenses courantes.
Capacité de désendettement : le nombre d’années nécessaires pour tout rembourser.
CRC : la juridiction qui contrôle les collectivités.
Les textes à citer
Article L. 1612-4 du CGCT : budget en équilibre réel et saisine de la chambre régionale des comptes.
Code général des collectivités territoriales, dispositions relatives à l’emprunt des collectivités.
Article L. 1612-4 du CGCT : c’est la règle qui impose un budget en équilibre réel.
Le Code général des collectivités territoriales : il organise l’emprunt et le budget local.
La source à connaître
Chambres régionales des comptes, rapports sur les collectivités : publient des analyses de la situation financière des collectivités, avec la capacité de désendettement (ccomptes.fr).
Chambres régionales des comptes : elles publient des rapports sur la santé financière des collectivités (ccomptes.fr).
Piège / à ne pas confondre
Épargne brute et épargne nette ne sont pas la même chose. L’équilibre réel n’est pas l’équilibre comptable : il intègre le remboursement du capital. La règle d’or interdit d’emprunter pour le fonctionnement, pas pour l’investissement.
L’épargne brute est avant le remboursement de la dette, l’épargne nette après. L’équilibre réel tient compte du remboursement du capital. La règle d’or n’interdit pas d’emprunter, elle dit pour quoi.
À retenir pour l'épreuve
Budget en équilibre réel. Règle d’or : emprunt pour l’investissement seulement. Capacité de désendettement, repère de douze ans. Saisine de la CRC.
Budget équilibré. Emprunter pour investir, pas pour fonctionner. Douze ans de dette, seuil d’alerte. La chambre régionale peut être saisie.
Autonomie financière et péréquation
III — Les finances locales · F. Les grands enjeux
En une phrase
L’autonomie financière garantit aux collectivités des ressources propres qu’elles peuvent utiliser librement ; la péréquation corrige les inégalités entre elles, par des transferts de l’État (verticale) ou entre collectivités (horizontale).
Les collectivités doivent avoir leur argent et pouvoir l’utiliser comme elles veulent. Pour éviter que les plus riches écrasent les plus pauvres, il existe des mécanismes de redistribution.
Pourquoi cette règle existe
Sans ressources propres, les collectivités dépendraient entièrement de l’État. Sans péréquation, les inégalités de richesse entre territoires se creuseraient. Les deux principes doivent se concilier : l’autonomie ne doit pas aboutir à une fracture entre territoires.
Une collectivité sans argent propre dépend de l’État. Mais si les riches gardent tout, les pauvres restent pauvres. Il faut donc concilier les deux.
Comment ça marche
Autonomie financière : les collectivités disposent de ressources propres dont elles peuvent décider librement, qui doivent représenter une part déterminante de leurs ressources. Précisée par la loi organique du 29 juillet 2004.
Péréquation verticale : redistribution de l’État vers les collectivités, principalement par la DGF, avec des dotations de solidarité (dotation de solidarité urbaine, dotation de solidarité rurale, dotation politique de la ville).
Péréquation horizontale : redistribution entre collectivités, principalement le fonds national de péréquation des ressources intercommunales et communales (FPIC), qui prélève les collectivités les plus riches pour aider les plus pauvres.
Autonomie : les collectivités ont leurs propres impôts et peuvent les utiliser comme elles veulent.
Péréquation verticale : l’État aide les collectivités pauvres, notamment par la DGF.
Péréquation horizontale : les collectivités riches donnent une partie de leur argent aux collectivités pauvres, par le FPIC.
Exemple concret
Une intercommunalité dont le potentiel fiscal est élevé verse une partie de ses ressources au FPIC, qui les répartit vers des intercommunalités au potentiel plus faible. Dans le même temps, l’État verse à une commune rurale la dotation de solidarité rurale.
Une intercommunalité riche paie au fonds de péréquation, qui aide une intercommunalité plus pauvre. L’État aide aussi une commune rurale.
Vocabulaire
Autonomie financière : capacité des collectivités à disposer de ressources propres et à les utiliser librement.
Péréquation : mécanisme de correction des inégalités de ressources entre collectivités.
Dotation de solidarité urbaine (DSU) : dotation de péréquation verticale au profit des communes urbaines les plus défavorisées.
Potentiel fiscal : indicateur de la richesse fiscale potentielle d’une collectivité, utilisé pour la répartition des dotations.
Autonomie financière : pouvoir utiliser ses propres recettes.
Péréquation : corriger les écarts de richesse.
DSU : une aide de l’État pour les villes en difficulté.
Potentiel fiscal : la richesse fiscale d’une collectivité, pour répartir les aides.
Les textes à citer
Article 72-2 de la Constitution : autonomie financière des collectivités.
Loi organique n° 2004-758 du 29 juillet 2004 relative à l’autonomie financière des collectivités territoriales.
Code général des collectivités territoriales, dispositions sur la dotation globale de fonctionnement et le FPIC.
Article 72-2 de la Constitution : les collectivités ont leurs propres ressources.
La loi organique de 2004 : elle précise cette autonomie.
Le Code général des collectivités territoriales : il organise la DGF et le FPIC.
La source à connaître
Comité des finances locales (CFL) et rapports sur la péréquation : publient les montants et la répartition des dotations et des fonds de péréquation.
Comité des finances locales : il suit la répartition des aides entre collectivités.
Piège / à ne pas confondre
Péréquation verticale (de l’État vers les collectivités) et horizontale (entre collectivités) sont distinctes. L’autonomie financière n’est pas une autonomie fiscale totale : les collectivités ne fixent pas toutes leurs ressources. La DGF est une dotation, pas un impôt.
Verticale : de l’État vers les collectivités. Horizontale : entre collectivités. Être autonome ne veut pas dire tout décider seul. La DGF est une aide, pas un impôt.
À retenir pour l'épreuve
Article 72-2 C. (ressources propres). Péréquation verticale (DGF, DSU, DSR) et horizontale (FPIC).
Article 72-2 : les collectivités ont leurs ressources. Verticale : l’État aide. Horizontale : les collectivités riches aident les pauvres.
Analyse financière et contrôle des collectivités
III — Les finances locales · D. La situation financière et le contrôle
En une phrase
La situation financière d’une collectivité se lit dans son compte administratif et ses indicateurs d’épargne et de dette ; elle est contrôlée par le préfet, au titre du contrôle de légalité et du contrôle budgétaire, et par la chambre régionale des comptes.
Pour savoir si une collectivité va bien, on regarde ses comptes et ses dettes. Le préfet et la chambre régionale des comptes vérifient qu’elle respecte la loi.
Pourquoi cette règle existe
Les collectivités gèrent leurs propres budgets et peuvent s’endetter. Pour concilier cette autonomie avec la régularité des comptes, la loi prévoit une analyse financière régulière et des contrôles qui peuvent aller jusqu’à se substituer à la collectivité défaillante.
Les collectivités décident seules de leur budget, mais elles doivent respecter la loi. Des contrôles existent pour éviter les dérapages.
Comment ça marche
Comptabilité : le référentiel M57, commun à l’ensemble des collectivités depuis 2024, est utilisé pour établir le compte administratif, qui retrace l’exécution du budget.
Analyse financière : l’épargne brute (recettes de fonctionnement moins dépenses de fonctionnement), l’épargne nette (après remboursement du capital de la dette) et la capacité de désendettement mesurent la santé financière.
Contrôle de légalité : le préfet contrôle la légalité des actes des collectivités.
Contrôle budgétaire : le préfet saisit la chambre régionale des comptes si le budget n’est pas voté dans les délais, s’il n’est pas en équilibre réel, ou si une dépense obligatoire est omise.
Pouvoir de substitution : en cas de dépense obligatoire omise ou de budget non voté, le préfet peut inscrire la dépense et régler le budget d’office.
Les comptes : une même méthode comptable pour presque toutes les collectivités, le référentiel M57. Il sert à établir le compte administratif.
Les indicateurs : l’épargne brute, c’est ce qui reste après les dépenses courantes. La capacité de désendettement dit combien d’années il faudrait pour tout rembourser.
Le contrôle de légalité : le préfet vérifie que les décisions respectent la loi.
Le contrôle budgétaire : si le budget est mal voté, le préfet demande l’avis de la chambre régionale des comptes.
La substitution : si une dépense obligatoire manque, le préfet peut l’inscrire lui-même.
Exemple concret
Une commune n’a pas voté son budget avant la date limite. Le préfet saisit la chambre régionale des comptes, qui constate le retard et propose des mesures. Si la commune ne vote pas le budget dans le délai fixé, le préfet peut le régler d’office.
Une commune n’a pas voté son budget à temps. Le préfet demande l’avis de la chambre régionale des comptes. Si rien ne bouge, il peut régler le budget lui-même.
Vocabulaire
Compte administratif : document qui retrace l’exécution réelle du budget d’une collectivité.
Épargne brute : différence entre les recettes et les dépenses de fonctionnement, qui finance le remboursement de la dette et l’investissement.
Contrôle de légalité : vérification par le préfet de la conformité des actes des collectivités à la loi.
Chambre régionale des comptes (CRC) : juridiction financière qui contrôle les comptes et la gestion des collectivités.
Compte administratif : le bilan réel du budget d’une collectivité.
Épargne brute : ce qui reste après les dépenses courantes.
Contrôle de légalité : le préfet vérifie que les décisions sont légales.
CRC : la juridiction qui contrôle les comptes des collectivités.
Les textes à citer
Code général des collectivités territoriales : dispositions sur le budget, le compte administratif et le contrôle budgétaire.
Code des juridictions financières : organisation et compétences des chambres régionales des comptes.
Article 72 de la Constitution : libre administration des collectivités, sous le contrôle de l’État.
Le Code général des collectivités territoriales : il dit comment les collectivités votent leur budget et sont contrôlées.
Le Code des juridictions financières : il organise les chambres régionales des comptes.
Article 72 de la Constitution : les collectivités s’administrent librement, sous le contrôle de l’État.
La source à connaître
Rapports des chambres régionales des comptes sur les collectivités : analysent la situation financière et les contrôles effectués (ccomptes.fr).
Rapports des chambres régionales des comptes : ils décrivent la situation financière des collectivités contrôlées (ccomptes.fr).
Piège / à ne pas confondre
Contrôle de légalité (la décision respecte-t-elle la loi ?) et contrôle budgétaire (le budget est-il voté dans les règles ?) sont distincts. La chambre régionale des comptes donne un avis et propose des mesures : c’est le préfet qui décide du règlement d’office.
Vérifier qu’une décision est légale et vérifier que le budget est bien voté, ce n’est pas la même chose. La chambre donne un avis, c’est le préfet qui décide.
À retenir pour l'épreuve
M57 et compte administratif. Épargne brute, capacité de désendettement. Contrôle de légalité du préfet, contrôle budgétaire, saisine de la CRC, règlement d’office.
Compte administratif, épargne et dette. Le préfet contrôle la légalité et le budget. La chambre régionale donne un avis.